La Défense civile de la bande de Gaza indique que des milliers de corps sont toujours ensevelis sous les décombres d'immeubles détruits à travers le territoire palestinien, tandis que les équipes de secours peinent à atteindre les quartiers dévastés par la guerre génocidaire menée par le régime israélien.
Dans un communiqué publié jeudi, le porte-parole de la Défense civile de Gaza, Mahmoud Basal, a estimé qu'environ 8 000 corps restaient sous les décombres, malgré les efforts de recherche et de récupération en cours.
Des équipes de la protection civile ont été aperçues en train de mener des opérations avec des véhicules lourds sur le site d'un bâtiment détruit lors d'attaques israéliennes dans le quartier de Sheikh Radwan, à Gaza, le 12 février.
M. Basal a précisé que les équipes travaillaient dans des conditions très compliquées et avec des ressources limitées, ce qui rendait l'accès à de nombreuses zones touchées difficile.
Ces chiffres interviennent alors que l’Académie de droit international humanitaire et des droits de l'homme de Genève a averti que le bilan total des morts de la guerre, déclenchée en octobre 2023, pourrait être bien plus élevé que ce qui est généralement rapporté.
Ce décalage s’explique par le fait que les chiffres n’incluent que les cas officiellement confirmés : des frappes ont détruit les infrastructures civiles, y compris les établissements de registres d’état civil, et dans de nombreuses familles, aucun survivant n’existe pour signaler les décès.
L’institut de droit humanitaire estime que le nombre de personnes tuées dans cette étroite bande côtière pourrait avoir dépassé les 200 000. Cette évaluation s'appuie sur de nouvelles données montrant que la population du territoire a diminué de plus de 10 % depuis le début du génocide.
Stuart Casey-Maslen, responsable du projet de l'Académie sur le droit international humanitaire, a indiqué qu'une telle chute démographique témoigne de l'ampleur des pertes. Il a souligné que les chiffres de victimes généralement diffusés ne reflètent pas l'étendue réelle des destructions.
M. Maslen a qualifié la situation d'« extrêmement grave », avertissant que les souffrances des Gazaouis persistaient malgré le cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre le Hamas, mouvement de résistance basé à Gaza, et le régime de Tel-Aviv.
Les deux parties ont signé un accord début octobre 2025, dans le cadre d'un plan en 20 points présenté par le président américain, Donald Trump, censé mettre fin à la guerre et au génocide à Gaza.
Or, depuis lors, les forces israéliennes ne cessent de violer l’accord, en menant des frappes et des raids meurtriers presque quotidiennement; ce que les observateurs qualifient de tentatives de Tel-Aviv de perpétuer un schéma génocidaire.